La Chine du Sud pour les nomades numériques : entre émerveillement et survie

La Chine du Sud n’est pas une destination évidente pour les nomades digitaux. Quand on pense nomadisme numérique, on imagine plutôt Bali, Lisbonne ou Chiang Mai. Pas Shenzhen, Guangzhou ou Huizhou. Et pourtant, j’ai passé trois semaines à explorer ces trois villes chinoises, une semaine dans chacune, et c’est une expérience que je ne suis pas près d’oublier !

Cet article n’est évidemment pas un guide touristique, mais un retour d’expérience sur ce que c’est vraiment de vivre et (d’essayer de) travailler en Chine du Sud quand on a le choix de son lieu de travail. Avec les galères, les surprises, et surtout ce Great Firewall dont on va parler.

Les trois villes : Shenzhen, Guangzhou, Huizhou

J’ai volontairement choisi d’explorer trois villes différentes pour avoir une vision plus complète de la région. Chacune a sa personnalité propre.

Shenzhen (深圳) est la ville tech par excellence. Frontalière avec Hong Kong d’où je suis arrivé, c’est la Silicon Valley chinoise. Si vous aimez les gratte-ciels futuristes et l’atmosphère startup, vous allez adorer. C’est aussi la plus chère des trois, mais on reste très loin des tarifs occidentaux.

Huizhou (惠州) est la plus petite et la plus calme. MoinsPas touristique, plus authentique. Pour voir une Chine moins mise en scène, c’est un bon choix. Par contre, presque personne n’y parle anglais là-bas, on nous porte des regards mi-étonnés de voir des occidentaux mi-déçus de voir leur pays s’ouvrir au monde. Quelques-uns se sont risqués à demander à être pris en photo avec nous : les réceptionnistes de l’hôtel, et même des passants, jeunes, dans la rue.

Guangzhou (广州), anciennement Canton, est ma préférée. Plus ancienne que Shenzhen, elle a gardé son âme tout en étant une métropole massive. Les marchés, les vieux quartiers, les temples bouddhistes qui côtoient les buildings… C’est là que j’ai le mieux ressenti le mélange entre tradition et modernité. Pour le digital nomadisme, c’était aussi la plus agréable : bon rapport qualité/prix, nombreux cafés, et une vraie vie locale.

Au départ je devais y rester 1 mois et visiter une ville supplémentaire, mais l’approche du nouvel an chinois m’a contraint à réduire mon séjour. Cette période étant la plus grosse migration mondiale sur 4 semaines, avec la plupart des commerces qui ferment pour permettre aux familles de se retrouver, je ne voulais ni devoir emprunter des transports longue distance bondés, ni risquer de ne pas pouvoir manger pendant quelques jours faute de restaurant ouvert. Et finalement, 3 semaines, c’est déjà une expérience suffisante !

Les formalités administratives et arrivée en Chine continentale

Avec un passeport français, on est l’un des rares pays à pouvoir profiter d’une exemption de visa pour un séjour de moins de 30 jours : pas de paperasse, ça donne assurément envie d’aller explorer !

Je suis arrivé par Hong Kong, via la ligne de train à grande vitesse qui relie la cité-état à Shenzhen. À la manière de l’Eurostar, la gare de Hong Kong sert de zone frontière, on y passe la douane de Hong Kong, puis la douane chinoise, dans un dédale de sous-sols qui s’étalent sur 5 niveaux de la taille d’un grand pâté de maisons (c’est autre chose qu’à la Gare du Nord !). Rien de particulier à signaler au passage de la douane.

Pour continuer sur les analogies avec l’Eurostar, une fois installé dans le train, 5 niveaux sous les grattes-ciels, le train continu dans un tunnel de 40 km, passant sous une bonne partie de Hong Kong. Bien plus long que notre tunnel sous la Manche.

Quelques minutes avant l’arrivée, on sort enfin du tunnel et l’on arrive dans une grande gare moderne de Shenzhen, qui continue ensuite sur le réseau à grande vitesse du pays.

Les quais de la gare de Shenzhen L’extérieur de la gare de Shenzhen Une autre vue de la gare de Shenzhen

Paiements mobiles : Alipay et WeChat

Avant d’entrer en Chine continentale, mieux vaut être bien équipé en terme d’applications mobiles : Alipay et WeChat sont indispensables, pour chaque personne.

C’est plutôt une surprise : c’est super facile pour les étrangers.

Ça n’était apparemment pas le cas avant, mais aujourd’hui : vous téléchargez l’app, vous liez votre carte bancaire internationale (Visa, Mastercard), et ça marche. J’ai fait ça en moins de 5 minutes.

Avoir Alipay ou WeChat Pay, c’est la différence entre vivre normalement et galérer à chaque transaction.

Parce qu’en Chine, c’est vraiment très rare de payer en cash. Tout se paye via QR code avec Alipay ou WeChat Pay. Les restaurants, les supermarchés, les taxis, les distributeurs automatiques, les marchands de rue, les quelques mandiants, … vraiment TOUT.

D’ailleurs, les transactions nécessitant d’être connecté à Internet, pour éviter un problème d’œuf et de poule, mieux vaut arriver avec une e-SIM pour être en mesure de payer son premier transport.

Concrètement, c’est assez magique :

  • beaucoup de commerçants disposent d’une douchette ou d’un lecteur de QR code : vous présentez l’application en mode “Payer”, le commerçant scanne, 5 secondes après c’est validé.
  • d’autres sont moins équipés, mais affichent leur QRcode : on passe Alipay en mode “scanner”, on scanne le QRcode, on indique le montant à payer au commerçant, et celui-ci reçoit une notification (souvent uniquement vocale) du montant payé.

Cette seconde méthode peut paraître complètement dingue, mais c’est loin d’être rare. L’inconvénient est qu’il faudra ruser pour savoir quel montant indiquer, car on vous le dira sans doute exclusivement en mandarin, avec un air amusé “quand même les chiffres c’est la base” !

WeChat est moins indispensable, dans la mesure où ce sera surtout pour échanger à la manière de WhatApps avec les locaux. Mais certains seront très contents de vous partager des informations, des photos ou des messages par ce biais.

Par exemple, dans un premier restaurant, le gérant voulait absolument nous prendre en photo et nous a partagé la photo via cette messagerie. Dans notre hôtel à Huizhou la réceptionniste voulait absolument que l’on ait de quoi la contacter si on se perdait. Et encore à Huizhou, la gérante d’un café nous a partagé sa localisation pour que l’on vienne la voir, au détour d’une conversation dans un restaurant.

L’application fait aussi moyen de paiement, mais je n’ai pas testé.

L’expérience s’avère être vraiment fluide : on paie en devise, même pour des montants ridicules de 2 Yuàn, on est tout de suite débité. Attention tout de même à avoir une carte bancaire sans frais pour ne pas se retrouver à payer plus cher de frais que de transaction !

Notez toutefois qu’une validation d’identité sera nécessaire à partir d’un certain montant de transaction (15000 CNY, ce qui laisse le temps de voir venir).

Déplacements

Le réseau de métro à Shenzhen et Guangzhou est absolument incroyable : propre, climatisé, fréquent (une rame toutes les 3-5 minutes), et ridiculement bon marché. On parle de 2 à 6 CNY (0,25 à 0,75€) pour un trajet, à payer avec Alipay. Le prix varie selon la destination. On traverse la ville pour moins cher qu’un café. On reçoit un jeton NFC à l’entrée qui est récupéré à la sortie : pas besoin d’acheter de support NFC, ni de se sentir acteur de la déforestation.

Je n’ai pas fait toutes les lignes dans toutes les villes, mais à Shenzhen certaines lignes disposaient de voitures “business”. Compter un billet 3x plus cher (ça reste moins cher qu’un ticket simple en occident), mais on est alors installé sur un siège comme dans un train longue distance.

Côté orientation dans le métro, les annonces sont en mandarin et en anglais, et toutes les stations ont des noms et des indications en anglais clairement affichés.

Bizarrerie curieuse, avant d’entrer dans le métro, une fouille de sécurité est orchestrée, plus comme théâtre sécuritaire qu’autre chose. C’est également le cas à l’entrée des gares, mais pas des grands magasins comme on peut le voir dans d’autres pays d’Asie.

Hors du métro, aucun service de Google n’étant disponible en Chine (on y revient plus tard), il ne faut donc pas compter sur Google Maps pour s’orienter. Apple Plans fonctionne impeccablement. Sur Android, Amap est un équivalent local, mais noter qu’une inscription via un numéro de téléphone est obligatoire pour faire la moindre recherche (et tous les pays ne sont pas supportés !).

Les bus sont aussi une option, j’en ai fait l’expérience à Huizhou. Moins intuitifs que le métro car non sous-titrés en anglais et des chauffeurs parlant exclusivement chinois. Néanmoins, une fois encore, l’application Alipay est incroyable : pas besoin d’acheter de carte ou de ticket, on active le mode transport dans Alipay, on choisit la ville dans laquelle on se trouve, et on obtient un QR code à scanner en entrant dans le bus. Selon le bus parfois il faudra également le scanner en descendant.

Petite note complémentaire, l’application Alipay va générer une carte de bus, et pour cela il est nécessaire de valider son identité. Pensez à le faire en avance car ça peut prendre une dizaine de minutes pour être validé.

C’est très fluide, pour peu que l’on sache se repérer avec son téléphone, car rien n’est traduit. Apple Plans est d’une grande aide car, au moins à Huizhou, l’application détecte le bus que l’on prend et vibre pour nous dire de descendre.

J’ai aussi beaucoup marché, mais alors attention : les villes sont grandes, très très grandes. Les distances n’ont rien de comparable avec ce que l’on connaît. On croyait être entourés de restaurants végétariens … oui à plus d’une heure de marche chacun !

Les trottoirs sont larges, mais attention aux scooters électriques qui roulent partout, surtout sur les trottoirs.

Un quai du métro à Shenzhen Un quai du métro à Canton

Hébergement : Des hôtels abordables

On a choisi de rester dans des hôtels plutôt que des Airbnb, car la réglementation n’était pas claire sur la bonne légalité des Airbnb. Les lois en Chine sont généralement floues pour s’adapter aux situations, c’est le cas d’Airbnb.

Avec les hôtels, on ne prend pas de risques. Et franchement, pour le prix, c’était parfait.

Coûts par nuit :

  • Shenzhen : 200 CNY (28€)
  • Huizhou : 210 CNY (30€)
  • Guangzhou : 190 CNY (27€)

Pour ce prix, j’avais :

  • Une chambre avec 2 lits doubles, propre et moderne, incomparable face aux standards européens.
  • Climatisation/chauffage
  • Wifi correct (5-10 Mbps sans VPN, moins stable avec)

Les hôtels chinois ont un standard de qualité assez élevé, même dans les gammes “budget” comme ici.

L’enregistrement nécessite votre passeport. L’hôtel va le scanner et déclarer votre présence à la police locale. C’est normal, c’est la loi, comme dans les autres pays de la zone.

Côté modernité, on a eu droit à Shenzhen et Huizhou à des chambres entièrement gérées par de la domotique : besoin de fermer les rideaux ? il y a un bouton, pas besoin de se déplacer. Fini de devoir se relever car une lumière ne s’éteint pas depuis le lit : il y a un bouton pour passer en mode sommeil et tout éteindre d’un seul coup. Une araignée semble vous chatouiller en pleine nuit ? un appui sur un bouton et tout s’allume (à ce sujet, la biodiversité semblait inexistante, on n’a vu aucune araignée ou fourmi)

Il y avait même un assistant vocal … si l’on parle mandarin : d’après la documentation en plus de gérer les lumières, il gère la climatisation/chauffage et divers scénarios préenregistrés.

Même dans le logement plus vétuste que l’on a eu à Guangzhou, on n’est pas du tout au niveau des standards d’Asie du Sud-Est, les équipements sont identiques à ce que l’on trouverait dans un logement ancien en Europe.

Le Great Firewall : Parlons-en sérieusement

Bon, voilà. On y est. LE sujet qui change absolument tout.

Le Great Firewall of China (GFW) n’est pas une blague. C’est pas “un peu contraignant” ou “facilement contournable”.

Contrairement à ce que je pensais initialement, ce n’est pas conçu pour filtrer internet, c’est conçu pour créer l’expérience la plus frustrante possible pour tout ce qui s’écarte d’un trafic web classique, qui permettrait d’accéder sur le long terme à des ressources censurées.

Ce qui est bloqué

Il y a bien sûr des services complètement bloqués et complètement inaccessibles :

  • ChatGPT, Claude Code, …
  • Google (Gmail, Drive, Maps, Calendar, TOUT)
  • Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger
  • Twitter, YouTube, Reddit
  • Slack, Discord, LinkedIn
  • GitHub (accès très instable et souvent impossible - ce n’est pas clair, car je ne crois pas qu’il fasse partie de la liste des sites bloqués, mais pourtant ça ne fonctionnait pas pour moi)
  • La plupart des sites d’actualités occidentaux
  • Et plein d’autres…

Si comme moi votre vie professionnelle dépend de certains de ces outils, il faut bien réfléchir avant d’aller en Chine.

La solution : Un VPN. Ou plutôt, plusieurs.

Avant d’arriver en Chine, je me suis renseigné sur ce qui pouvait passer, les solutions bloquées, incertaines, etc.

Je lisais qu’il était particulièrement important d’avoir une solution avant de rentrer en Chine, car notamment SSH et mosh étaient directement bloquées par leur signature reconnaissable. En fait pas du tout, ces deux protocoles ne sont absolument pas bloqués pour une utilisation réduite.

Par contre, tout ce qu’on connaît comme solution de VPN, ça ne passe pas (surtout les VPN qui ont les plus gros budgets marketing). IPSec c’est non, OpenVPN c’est filtré. Je lisais que Wireguard devait être bloqué, mais j’avais pourtant une connexion vers 1 de mes machines qui passait (pour toutes les autres qui ne s’établissaient pas) : il ne faut effectivement pas compter dessus.

En me documentant, ce qui avait le plus de chances de fonctionner c’était d’encapsuler son trafic dans du trafic HTTP. Car finalement le trafic HTTP c’est ce qui passe le plus facilement.

J’ai trouvé le projet wstunnel, qui a plutôt bien fonctionné (encapsulation dans des websockets dans du trafic HTTPS), du moins à chaque arrivée dans une nouvelle ville c’était fluide.

J’ai également testé shadowsocks sur la fin, ça m’a semblé plus stable mais avec un débit plus réduit. Cela dit mon trafic semblait avoir été repéré, donc à préciser.

Mon expérience concrète

  • Semaine 1 (Shenzhen) : Le tunnel fonctionnait bien au début, vers une machine à Paris. Quelques ralentissements en fin de journée, qui s’accentuaient à mesure que la semaine avançait, mais globalement OK. Visioconférences possibles, emails accessibles. Je me disais “finalement, c’est gérable”.

  • Semaine 2 (Huizhou) : En arrivant dans l’hôtel, on retrouvait un débit génial. Puis ça a commencé à se dégrader sérieusement. La navigation et les visioconférences commençaient à lagger. Je suis passé sur un serveur à Singapour, pensant réduire la latence. Ça a effectivement un peu amélioré les choses.

  • Semaine 3 (Guangzhou) : L’enfer. À l’arrivée, comme d’habitude, c’était OK, puis rapidement on a retrouvé des conditions difficiles. Jusqu’à la veille du départ où vraiment plus rien ne passait correctement. Le tunnel se faisait déconnecter toutes les 2 minutes. Les visioconférences étaient devenues très dégradées puis impossibles. J’ai passé plus de temps à essayer de faire fonctionner mon tunnel qu’à travailler.

Bref, je dirais que le GFW laisse faire beaucoup de choses mais apprend des comportements qui dérivent de ce qui serait attendu : et bien sûr qu’un tunnel HTTP ça fini par se voir.

Plutôt que de bloquer, il rend l’expérience tellement frustrante et irrationnelle (pourquoi ça marchait toujours bien le matin !!!), qu’on est forcé de capituler. J’ai eu beau changer d’IP, de domaine, de logiciel, … rien n’y a fait à la fin.

Cela dit, une solution que j’aurais dû mettre en place plus tôt, c’est de laisser sortir le trafic non bloqué directement, pour n’utiliser le tunnel que pour le trafic bloqué : moins de trafic = moins de chance d’être repéré.

J’ai fait cela avec en distribuant un fichier proxy.pac généré à partir des domaines filtrés connus. Ça me semble indispensable pour maintenir le tunnel plus longtemps.

L’impact sur le travail

Soyons clairs : la Chine du Sud n’est vraiment pas une destination facile pour le télétravail si votre job dépend d’outils occidentaux.

  • Les emails prennent du temps à se charger : j’ai dû à plusieurs reprises abandonner l’édition d’un e-mail
  • Les vidéoconférences sont aléatoires : au point de devenir impossible sur la fin
  • Synchroniser des fichiers prend des heures l’après-midi et le soir, certains services derrières des CDN s’en sortent par contre admirablement le matin
  • Chaque tâche simple devient un combat

Après trois semaines, à essayer de trouver des solutions, j’étais épuisé. Pas à cause du travail en lui-même, mais à cause de la friction constante avec le GFW.

Le GFW est, de loin, la plus grosse galère du digital nomadisme en Chine. Tout le reste est gérable. Mais ça, non.

Internet et télétravail (hors GFW)

Paradoxalement, quand vous êtes sur des services non bloqués, Internet est excellent en Chine.

La bande passante est énorme. La 4G/5G est ultra rapide. Le wifi des hôtels est stable et performant pour les sites chinois. Si vous ne deviez utiliser que des services locaux, vous seriez au paradis.

Les cafés ? Beaucoup ont du wifi, mais c’est aléatoire : certains demandent un numéro de téléphone chinois pour se connecter. Et de toute façon, avec le GFW, c’est compliqué de bosser efficacement dans un café.

Nourriture végétarienne : Variable selon les villes

Étant végétarien, c’est un aspect qui est parfois délicat à gérer en voyage.

En Chine, il y a de nombreux restaurants végétariens : des restaurants boudhistes, des cantines de quartier servant uniquement des plats végétariens, mais aussi des restaurants gastronomiques et quelques fast-food vegan dans les zones touristiques. Malheureusement l’application bien connue HappyCow n’est pas très à jour, et ne semble plus tenir compte des contributions.

Une recherche sur le terme 素食 (sùshí, restaurant végétarien) laisse découvrir des pépites, après s’être cassé le nez plusieurs fois devant des restaurants fermés (soit définitivement, mais aussi parce qu’ils ne servent tout simplement plus : les chinois ont l’air de manger tôt, et à 19h il n’y a déjà plus grand chose d’ouvert).

On a rencontré principalement 2 types de restaurant :

  • des buffets : qui contrairement à ce qu’on peut imaginer, même pour 15 CNY, les plats sont de très bonne qualité et très savoureux. On a hésité à Shenzhen, mais on aurait pas du, dans les autres villes on n’a jamais été déçu.
  • des restaurants servant des plats à partager : on pense commander un plat chacun (vu les prix ridicules, comment on peut imaginer autrement), et on nous sert des immenses assiettes centrales débordant de nourriture, avec des baguettes de service.

La cuisine chinoise est incroyable : très variée et savoureuse. Et les portions sont la plupart du temps trop copieuses.

On n’a pas de mal à trouver des plats de nouilles ou de riz avec quelques gros légumes bouillis toujours bien cuisinés. Petite anecdote : il n’y a aucune trace de riz cantonnais. Moi qui adore le riz frit vietnamien, en Chine cela ne semble pas exister du tout.

Pour une expérience complète, on peut facilement commander de la nourriture via une des mini-applications dédiées dans Alipay. Comme ailleurs, la qualité est variable : on a parfois payé cher pour se voir servir des nouilles particulièrement grasses, et d’autres fois, un plat très équilibré et complet avec du riz pour le prix d’une bouchée de pain en occident. Dans tous les cas, si vous rencontrez le livreur, celui-ci n’en croira pas ses yeux qu’il livre un occidental : bug assuré, avec réactions imprévisibles et fou-rire.

Quel plat vous ferez plaisir ? Franchement le menu est magnifique

Coût des repas

  • Repas local simple : 15-30 CNY (2-4€)
  • Repas restaurant “gastronomique” : 50-100 CNY (5-10€)
  • Repas restaurant occidental : 100-150 CNY (12-18€)

Oui, vous avez bien lu. On mange pour 5€ dans un bon restaurant, et dès 2€ pour une cantine de qualité. Par gastronomique, j’entends un service aux petits soins dans un cadre luxueux, avec des plats préparés avec un soin infini. Et un milliard de questionnements : à quoi servent toutes ces baguettes de tailles différentes ? Que dois-je faire avec ce bol et cette assiette vide devant moi ? Est-ce que je peux me resservir en thé tout seul ? Vont-ils me détester avec toutes ces tâches de gras sur la table ? Le stress s’en va lorsqu’on vous présente la facture du festin grand luxe pour moins cher qu’un menu big mac…

Faut-il vraiment tout manger ? là encore question difficile car traditionnellement il ne fallait pas finir son assiette pour montrer que l’on a eu assez à manger

Carte SIM et connectivité : L’eSIM, mon sauveur

Comme je l’indiquais plus avant, j’ai utilisé une eSIM plutôt qu’une carte SIM physique chinoise.

Je ne sais donc pas comment cela se passe d’acheter une carte physique, mis à part qu’il faut nécessairement la payer, et donc avoir une connexion pour utiliser Alipay. L’eSIM semble être un choix judicieux.

Théoriquement certaines eSIM “internationales” routent le trafic hors de Chine et contournent le GFW. En pratique, j’ai testé 3 fournisseurs d’eSIM différents : un coup je sortais à Hong Kong, un coup à Singapour et une autre fois à Macau. Et cela ne m’a pas aidé à terminer mes visio à la fin du voyage, donc prudence dans leur sélection.

Prises électriques : Adaptateurs et compatibilité

Une question qui revient souvent en voyage, ce sont les prises électriques.

Déjà, la tension est de 220V à 50Hz, ce qui est compatible avec les appareils européens.

La Chine utilise principalement trois types de prises différentes :

  • Type A (deux broches plates parallèles, comme aux États-Unis)
  • Type C (deux broches rondes, comme en Europe continentale)
  • Type I (trois broches plates en forme de V, comme en Australie)

Dans les faits, toutes les prises que l’on a rencontrées, dans les hôtels ou les lieux publics étaient multi-format et acceptaient à la fois les fiches européennes (Type C), américaines (Type A) et chinoises (Type I).

Une prises électrique typique en Chine

Sur la photo, on voit en haut le combo Type A et C, typique d’asie du sud-est, et le Type I en dessous.

Barrière linguistique : Traduction et patience

Voilà encore un aspect unique à la Chine !

Certes vos interlocuteurs vont voir que vous êtes clairement étrangers, mais alors à aucun moment ils n’imagineront que vous ne parlez pas chinois couramment comme eux ! De toute façon, très peu de gens parlent anglais en Chine.

Les quelques jeunes qui parlent anglais, le parlent plutôt bien, et avaient très envie de nous parler … pour se prendre en photo avec nous !

Dans les hôtels où nous sommes allés, les réceptionnistes n’étaient pas beaucoup plus à l’aise que le reste de la population, mais sont très débrouillards.

Mention spéciale à notre hôte à Huizhou qui avait peur que l’on se perde dans la ville et nous a donné un papier que l’on devait donner au premier passant que l’on croisait dans la rue si on était perdu. Le concept du papier nous étant expliqué via une application de traduction :

Le papier d’urgence de notre hôte à Huizhou

Et effectivement au quotidien, il est généralement attendu que ce soit vous qui vous vous adaptiez, au moyen d’une application de traduction ou de mimes clairs pour communiquer. Mais ils sont très très patients et d’une gentillesse bienveillante comme on en voit rarement.

Apprenez quelques mots de base en mandarin :

  • 你好 (nǐ hǎo) = Bonjour
  • 谢谢 (xiè xie) = Merci

Ça montre que vous faites un effort, et ça change complètement l’accueil.

Pourquoi venir ?

Alors soyons clair, la Chine n’est pas du tout ce qu’on imagine en Occident. Les médias, les politiques, les réseaux sociaux nous vendent une vision monolithique, souvent négative, voire arriérée.

Sur place, on a découvert un pays fascinant, ultra-moderne ET profondément traditionnel. Les gens sont accueillants. Les villes sont propres et sûres. Les infrastructures sont bluffantes (le métro, les paiements mobiles, la logistique…). La nourriture est incroyable.

Oui, le GFW est frustrant. La barrière de la langue est réelle. Assurément, il y a des aspects politiques difficiles et complexes.

Mais il me paraît indispensable de se faire sa propre opinion sur la Chine : loin des clichés. On en revient avec une pensée bien différente.

La gare de Huizhou

La gare de Huizhou Notre train en gare de Huizhou

L’aéroport de Canton

L’aéroport de Canton, un site touristique à lui seul C’est peut-être un peu démesuré, mais ça donne pas envie de partir

Conclusion : Une expérience marquante, pas reposante

Trois semaines en Chine du Sud, c’est intense. Ce n’est pas des vacances pépères à la plage avec un cocktail. C’est une immersion totale, parfois inconfortable, souvent frustrante (merci le GFW), mais toujours stimulante.

Ce que j’ai aimé

✅ Le coût de la vie délirant. 27€ la nuit d’hôtel, 5€ le repas au resto, 0,50€ le trajet en métro.
✅ Les infrastructures du futur. Trains à grande vitesse hyper silencieux, métro impeccable, paiements mobiles partout, logistique au top.
✅ La cuisine variée et délicieuse. Si vous aimez manger, vous êtes au paradis.
✅ La sécurité. On se sent en sécurité partout, à toute heure.
✅ Les chinois : souvent étonnés, parfois surpris mais toujours gentils et attentionnés.
✅ Sortir des sentiers battus et voir une Chine authentique.

Ce que j’ai détesté

❌ Le Great Firewall, évidemment. Épuisant et frustrant.
❌ L’ambiance sécuritaire. C’est subtil, mais elle est bien là.

Est-ce que je recommande ?

Oui, mais plutôt pour des vacances.

Si vous êtes conscient des défis, si vous êtes préparé techniquement, sans de dépendances trop lourde avec l’extérieur et si vous cherchez une destination originale et pas chère, alors allez-y.

La Chine du Sud, c’est pour ceux qui veulent un vrai défi et une vraie aventure.

Mais en voyage d’aventure, ça me semble être un pays indispensable à découvrir.

Est-ce que j’ai envie d’y retourner ? OUI, absolument. L’authenticité du pays et des chinois fait plaisir. Il faudra simplement adapter le séjour pour avoir moins contraintes liées aux activités d’un nomade numérique.


Trois semaines, trois villes, un firewall, et beaucoup de nouilles !
La Chine du Sud, c’est pas simple. Mais c’est mémorable.